Devil's Crown / Slab City III

Installation

Fragments de marbre de synthèse

100 x 150 x 3 cm

2014

 

trace photographique polaroid

11 x 9 cm

2014

Lieu Commun / Bruxelles

Cette pièce est réalisée dans le cadre d'un début d'expérimentation nommé Slab/City.

 

Slab City c’est avant tout une ville libre au cœur du désert Californien située sur les restes de fondation (slabs) d’une base militaire abandonnée depuis la seconde guerre mondiale. Située dans cette zones désertiques, lieu de passage évoquant la perdition et peut être la mort, Slab City renvoi à l’aspect de transition et de réappropriation de l’espace. Elle évoque autant les lieux en travaux que des zones périphériques désaffectées qui se trouvent réemployées ou non. Ce sont des zones fantômes que l’on contourne avec mépris. Des restes d’espaces qui intriguent par un sens passé qui nous échappe.

 

Mais Slab/City c’est un projet qui invite a redéfinir ce qu’est la « ruine ». Mais quelle ruine?

 

Celle du passé c’est certain. Celle de l’incorporation d’un reste de construction humaine dans l’espace «naturel». Slab/City c’est un temps révolu, réemployé, détérioré, sacralisé par une aura de la décrépitude et du lâcher prise.

 

Slab/City, c’est autant les restes d’espaces que les résurgences de formes inabouties ou révolues.

Slab/City c’est des formes extraites du réel mais qui ne s’y apparentent plus.

 

Elles ont bifurqué dans une autre temporalité. Se mêlent au vivant sans être ni présentes ni passées. Coincées ici, elles existent et c’est à travers mon objectif que j’en révèle la puissance.

 

Il faut comprendre que Slab/City ne s’arrête pas à la construction inachevée ou/et abandonnée, c’est un concept qui veut rallier tous les restes de l’humanité tant ils projettent une notion fantasmatique voir fantasmagorique à notre égo, tant ils font germer en nous l’idée d’un autre monde, de la possibilité d’un quelque chose inassouvi ou encore inabordable.

 

Sans se perdre dans les méandres d’une pensée trop ésotériques, j’aimerais tout de même amener l’idée d’une connexion avec un monde qui nous échappe qu’il soit passé ou futur.

 

J’admets que l’idée d’avoir perdu les liens avec un monde plus développé me questionne particulièrement. Cette possibilité nourrie mes attentes face aux formes du réel.

 

Les Slab/City puisque je les ai nommées ainsi devraient se trouver entre passé et futur, entre la forme en devenir et la forme déjà morte.

 

D’une autre manière, des formes coincées dans l’instant transitoire, comme Pompéi fût spontanément noyée sous les cendres et la boue.

 

Pour ce faire, des travaux ont déjà été réalisés en amont qui prédisent l’idée de ce travail. Je pense à quelques photographies de la série Nuit Blanche réalisée au début de cette même année 2014 à Berlin et Les Astrides, photographie prise à Martigues dans le courant 2012. Pour ce qui est de la forme en devenir, suspendue, Mitraille réalisée en 2013, ainsi que BlowUp de la série Ver/ Detto, 2014, peuvent donner le ton entre construction et abrasion.