CRASH

Galerie Short Cuts, Namur, Belgique, 2013

 

Crash est un hommage à l’ambiguïté produite par certaines zones de frottement. Des instants où la violence se transforme en beauté, où l’évidence de la chute devient ironiquement poétique. Comme si le savoir de la finitude, l’approche du précipice  révèleraient  l’être au monde.

Crash c’est le titre de deux photographies présentées, Crash et Crash II, qui sont elles-mêmes des références à Crash de Cronenberg.  Toutes les photographies figurent l’impact ou l’imminence d’une violence plus ou moins exacerbée.

 

Beach est certainement la pièce la plus ironique de l’exposition. Que serait Bruxelles les Bains sans un requin? Cette installation c’est la menace, la peur du requin qui loge dans notre subconscient nourrit par d’incessantes représentations cauchemardesques. Peur qui ne renvoie qu’à nous mêmes. Car finalement tout n’est que sable et marbre granité. L’image subsiste.

 

Quand à Sculptures/Sculptures,  jeu de mots et de formes, empreintes de sculptures de pneus sur des sculptures de pneus. Ce pneu. Ce rebus fondamental. Ce cercle infini de la route qui s'étale. Métaphore de la vie. En cela réside sa force, son élégance. Cette intrigante beauté. Tous pareils et pourtant si différents. Le plus abimé serait-il séduisant? Matière immortelle, il attend, attend d’être absorbé par elle, la terre, mère de toutes les décompositions. Entre la mort et l’oubli, le pneu est au purgatoire. Comme nous tous, en attendant le Crash.

 

On peut dire que l’exposition de Juliette Feck à la Galerie Short Cuts est un éloge à la mort tout en étant un éloge à la vie. Une conscience de la finitude, de la douleur, de la perte qui voudrait ouvrir notre regard sur l’existant, l’instant présent, l’expérience du réel.